Rencontres avec le réel, symptômes dans la culture 1.

est, Association de langue française du stress et du trauma, le Cedrate, la Revue francophone du stress et du trauma, et la revue Psycho média.

Intervention de [Catherine Alcouloumbré  ]

12 juin 2009

[ {{{1er chapitre : Rencontres avec le réel, symptômes dans la culture.]} }}

{Le choix de la liberté est la seule morale possible.
André Gorz}

1. Rencontres avec le réel, symptômes dans la culture.
2. Expérience traumatique, trauma en construction.
3. Pratiques de résistance. (Exemple d’un dispositif local, une pratique offerte dans la cité, auprès de jeunes adultes : le CAPSY).

{[1.  Rencontres avec le réel, symptômes dans la culture.
]
}
Une écoute attentive et l’expérience clinique actuelle, en particulier auprès de jeunes adultes en territoires urbains (Paris et IdF), nous indiquent une distorsion récurrente des repères subjectifs du temps et de l’espace, induisant, au un par un, des situations intimes de vide, d’errance. Comme des états somnambuliques, parfois spectres de pseudo-psychose…
En quoi ces catégories, temps et espace, discursives selon l’acception de Foucault dès les années 70, nous aident aujourd’hui à interroger dans le cadre de ce colloque ce qui fait symptôme dans la culture, malaise dans la civilisation ?

Je pose que les espaces privés, la surface du corps ne sont pas sans rapport, pulsionnel, sans correspondance avec notre espace public, nos lieux et territoires communs… Ces lieux que les discours médiatiques et politiques ambiants découpent, distendent, en brouillant les limites des genres, en déplaçant ce qui tient lieu de bord. A l’instar de ces lieux du corps propre dont la surface sert à tagger, à écrire, à dessiner, à taillader, à scarifier, pour recréer du bord, de la séparation. Le symptôme et la plainte dans les cures actuelles disent des façons de se mettre en position d’objet, de déchet, de rebut, telle une stratégie de survie. Cela ne produit des effets de sujet qu’à travers des ruptures douloureuses, traumatiques, au coup par coup.
Parfois chez ces jeunes adultes, l’errance devient une autre stratégie de survie, sans être pour autant pathologique, comme si c’était la seule modalité possible d’habiter son corps, en se déplaçant sans cesse, faute de se loger dans un espace impossible à s’approprier, où rien ne fait vibrer. Et les lignes de leurs trajets et déplacements dessineraient via google earth ou vus d’en haut des territoires subjectifs sans commune mesure avec les conventions administratives du cadastre.

Se mettre en dette, en débit, produire de la moins-value devient même paradoxalement seul moyen de compter dans l’espace social.

C’est donc à partir d’expériences traumatiques relevées dans des situations cliniques actuelles que sera ici soulevée la question des opérateurs logiques de nos pratiques de résistance.
L’exemple pratique d’un jeune centre de recherches viendra illustrer une expérience en cours : ouverture de deux points d’écoute jeunes adultes pour l’instant sur Paris sud et d’une consultation de psychanalyse dans la cité. J’essaierai de vous présenter dans ses grandes lignes et orientations un dispositif clinique un peu nomade et passeur, le CAPSY, centre d’accompagnement et de recherches en psychanalyse.

Depuis le réel de l’expérience des cures, mon propos est ici de montrer comment des situations  réelles donnent à voir et à entendre cette difficulté d’orientation et ça se manifeste en particulier à travers des distorsions de l’espace et du temps. Qu’est-ce que nous recueillons et symbolisons dans notre expérience clinique actuelle ?

Il existe souvent un réel effacement ou déplacement de ce qui fait bord, frontière, voire limite de nos espaces privés et publics, singuliers et collectifs : cela peut nous dire quelque chose du politique et de notre espace public. Mon hypothèse ici est de questionner la fonction de l’imaginaire et la formation de bulles imaginaires, la fonction de l’objet regard, dans une suppléance qui semble cerner dans une certaine mesure certains phénomènes d’externalisation (ère du numérique et de l’information) auxquels nous sommes de plus en plus assujettis, des glissements entre intérieur-extérieur, privé-public, intime-extime, à des effractions et violations de nos territoires intimes selon une logique politique d’exclusion, d’isolement, de dislocation en des approches parcellaires des symptômes, étouffant le désir, sur un mode DSM.

Ce qui est exclu, forclos du fait de la logique de la concurrence imposée actuellement dans toutes les sphères sociales et le mode de subjectivation propre au néo-libéralisme fait retour dans le réel : ma recherche questionne quelles correspondances temps-espace(s)-corps font symptômes, dans leurs distorsions souvent proches de la psychose et dans quelle mesure les limites de ces catégories discursives, un bord qui fasse repère, se déplacent actuellement, dans ce contexte néo-libéral.

Je vais d’abord m’appuyer sur quelques remarques empruntées à Christian Laval et Pierre Dardot dans La nouvelle raison du monde2 à La Découverte pour fixer les idées et repérer quelles modalités de discours ordonnent et délimitent la mouvance de nos territoires actuels et de nos repères temporels puis les lire, tenter de les déchiffrer dans leur valeur collective au-delà d’une expression et d’une souffrance individuelles : cette rationalité néo-libérale est globale s’immisce dans toutes les sphères de notre société en excédant largement la sphère des politiques.
Ainsi Dardot et Laval tentent-ils d’éclairer un procès de subjectivation propre au néolibéralisme : devant les techniques de pouvoir et de contrôle qui s’implantent partout et plombent les institutions, les professionnels deviennent les contrôleurs de la population dans toutes les sphères sociales (école, hôpital, justice, etc.) Et la vie entière se trouve contaminée par cette logique de la concurrence et de l’évaluation.

Le sujet devient un capital humain, une entreprise de soi se pliant à une logique de concurrence, de jouissance et de performance. Il se trouve assigné à l’obligation permanente de produire une plus-value, du « plus », un plus-de-jouir, puisqu’il se confond lui-même avec ce capital qu’il accumule.
Il s’agit de mécanismes dans lesquels nous sommes tous impliqués et amenés à fonctionner même si l’on désavoue le néolibéralisme par ailleurs. Laval parle de néo-sujets en tant qu’ils deviennent des entreprises d’eux-mêmes et pourquoi pas des auto-entrepreneurs.

Nous pourrions dire que le prestige du management tend à se substituer à nos valeurs de dignité et questionnent la limite de notre inhumanité. Le droit public se trouve vidé peu à peu de son sens et les normes du droit privé s’imposent aussi partout, le gouvernement de nos pratiques s’intensifie à tout niveau.

Du recueil de l’expérience pratique, abordée dans un second temps, il s’agit de nous permettre de penser l’espace public qui nous est commun. Selon un mode de subjectivation qui consiste à considérer que le sujet est historique et s’inscrit dans une temporalité, une histoire, singulière parce que collective, avec le courage de dire vrai comme y invite Michel Foucault, selon la figure du parrêsiaste, celui qui a le courage par son dire-vrai dans l’espace public de fonder de l’altérité, de partir de nos différences au lieu de valoriser le consensus et la communication.

Voici une citation du {Courage de la vérité}, le dernier cours de Michel Foucault au Collège de France, en 1984. Ce sont les derniers mots tracés sur la dernière page du manuscrit de son dernier cours le 28 mars 1984, mots qu’il n’aura pas le temps de prononcer : « Ce sur quoi je voudrais insister pour finir, c’est ceci : il n’y a pas d’instauration de la vérité sans une position essentielle de l’altérité. La vérité, ce n’est jamais le même. Il ne peut y avoir de vérité que dans la forme de l’autre monde et de la vie autre. »
Une vraie vie comme critique permanente du monde.

Cet atelier aujourd’hui s’appelle {Pratique et éthique des cliniques de resymbolisation.}
J’entends éthique, non au sens actuel de valeurs morales, mais au sens grec antique, l'{ethos} chez Foucault, c’est du côté de ce qui est repris du sujet pour tenir et penser une vérité. De ce point-là, de ce nouage-là, s’origine la figure du traumatisme.

Nous savons avec Foucault qu’un discours concerne les règles de formation des énoncés. Il importe de penser les discours comme réalité trans-subjective et non produits par un seul acte de langage… Il n’est de sujet que d’un dire, il n’est de traumatisme qu’au plus intime du nouage singulier vs collectif, autrement dit du lien social, au point où le collectif n’est rien que le sujet de l’individuel : ce que Freud a produit en 1920 sous le registre de la psychologie collective (Massen : PsychoIogie und Ichanalyse) et sur lequel Lacan fait retour en 1945, quand il écrit Le temps logique et l’assertion de certitude anticipée, en cherchant à poser les fondements d’une logique collective.

Et voici la seconde étape de mon propos : pour aborder la question du traumatisme dans des fragments cliniques, je vais parodier Lucien Bonnafé. Comme il aimait à dire : le fou est celui qui est dit fou par un autre et qui l’adresse à la psychiatrie, nous pourrions questionner cette référence post-moderne à la notion de traumatisme et dire dorénavant : le traumatisé est celui qui est dit traumatisé par un autre et qui l’adresse à un psy !

Suite : chapitre 2 « Construction(s) du traumatisme ».

Ou comment le traumatisme se construit sur un mode discursif et n’existe que dans l’après-coup de la situation dont il serait supposé produit. Pratiques cliniques.

Suite et fin : chapitre 3 « Pratiques de résistance ».

Présentation de la CPJA, une consultation de psychanalyse pour jeunes adultes en situation de précarité, dans le cadre associatif du CAPSY, centre  de recherches et d’accompagnement en psychanalyse.

Notes    (↵ returns to text)
  1. le Cedrate au Colloque « Le trauma, symptôme de notre civilisation’.

    Colloque les 10-11-12 juin 2009 à Paris 75007 organisé par l’Alfest, Association de langue française du stress et du trauma, le Cedrate, la Revue francophone du stress et du trauma, et la revue Psycho média.

    Intervention de {{Catherine Alcouloumbré  }}

    12 juin 2009

    {{ {{{1er chapitre : Rencontres avec le réel, symptômes dans la culture.}}} }}

    {Le choix de la liberté est la seule morale possible.
    André Gorz}

    1. Rencontres avec le réel, symptômes dans la culture.
    2. Expérience traumatique, trauma en construction.
    3. Pratiques de résistance. (Exemple d’un dispositif local, une pratique offerte dans la cité, auprès de jeunes adultes : le CAPSY).

    {{{1.  Rencontres avec le réel, symptômes dans la culture.
    }}}
    Une écoute attentive et l’expérience clinique actuelle, en particulier auprès de jeunes adultes en territoires urbains (Paris et IdF), nous indiquent une distorsion récurrente des repères subjectifs du temps et de l’espace, induisant, au un par un, des situations intimes de vide, d’errance. Comme des états somnambuliques, parfois spectres de pseudo-psychose…
    En quoi ces catégories, temps et espace, discursives selon l’acception de Foucault dès les années 70, nous aident aujourd’hui à interroger dans le cadre de ce colloque ce qui fait symptôme dans la culture, malaise dans la civilisation ?

    Je pose que les espaces privés, la surface du corps ne sont pas sans rapport, pulsionnel, sans correspondance avec notre espace public, nos lieux et territoires communs… Ces lieux que les discours médiatiques et politiques ambiants découpent, distendent, en brouillant les limites des genres, en déplaçant ce qui tient lieu de bord. A l’instar de ces lieux du corps propre dont la surface sert à tagger, à écrire, à dessiner, à taillader, à scarifier, pour recréer du bord, de la séparation. Le symptôme et la plainte dans les cures actuelles disent des façons de se mettre en position d’objet, de déchet, de rebut, telle une stratégie de survie. Cela ne produit des effets de sujet qu’à travers des ruptures douloureuses, traumatiques, au coup par coup.
    Parfois chez ces jeunes adultes, l’errance devient une autre stratégie de survie, sans être pour autant pathologique, comme si c’était la seule modalité possible d’habiter son corps, en se déplaçant sans cesse, faute de se loger dans un espace impossible à s’approprier, où rien ne fait vibrer. Et les lignes de leurs trajets et déplacements dessineraient via google earth ou vus d’en haut des territoires subjectifs sans commune mesure avec les conventions administratives du cadastre.

    Se mettre en dette, en débit, produire de la moins-value devient même paradoxalement seul moyen de compter dans l’espace social.

    C’est donc à partir d’expériences traumatiques relevées dans des situations cliniques actuelles que sera ici soulevée la question des opérateurs logiques de nos pratiques de résistance.
    L’exemple pratique d’un jeune centre de recherches viendra illustrer une expérience en cours : ouverture de deux points d’écoute jeunes adultes pour l’instant sur Paris sud et d’une consultation de psychanalyse dans la cité. J’essaierai de vous présenter dans ses grandes lignes et orientations un dispositif clinique un peu nomade et passeur, le CAPSY, centre d’accompagnement et de recherches en psychanalyse.

    Depuis le réel de l’expérience des cures, mon propos est ici de montrer comment des situations  réelles donnent à voir et à entendre cette difficulté d’orientation et ça se manifeste en particulier à travers des distorsions de l’espace et du temps. Qu’est-ce que nous recueillons et symbolisons dans notre expérience clinique actuelle ?

    Il existe souvent un réel effacement ou déplacement de ce qui fait bord, frontière, voire limite de nos espaces privés et publics, singuliers et collectifs : cela peut nous dire quelque chose du politique et de notre espace public. Mon hypothèse ici est de questionner la fonction de l’imaginaire et la formation de bulles imaginaires, la fonction de l’objet regard, dans une suppléance qui semble cerner dans une certaine mesure certains phénomènes d’externalisation (ère du numérique et de l’information) auxquels nous sommes de plus en plus assujettis, des glissements entre intérieur-extérieur, privé-public, intime-extime, à des effractions et violations de nos territoires intimes selon une logique politique d’exclusion, d’isolement, de dislocation en des approches parcellaires des symptômes, étouffant le désir, sur un mode DSM.

    Ce qui est exclu, forclos du fait de la logique de la concurrence imposée actuellement dans toutes les sphères sociales et le mode de subjectivation propre au néo-libéralisme fait retour dans le réel : ma recherche questionne quelles correspondances temps-espace(s)-corps font symptômes, dans leurs distorsions souvent proches de la psychose et dans quelle mesure les limites de ces catégories discursives, un bord qui fasse repère, se déplacent actuellement, dans ce contexte néo-libéral.

    Je vais d’abord m’appuyer sur quelques remarques empruntées à Christian Laval et Pierre Dardot dans La nouvelle raison du monde2 à La Découverte pour fixer les idées et repérer quelles modalités de discours ordonnent et délimitent la mouvance de nos territoires actuels et de nos repères temporels puis les lire, tenter de les déchiffrer dans leur valeur collective au-delà d’une expression et d’une souffrance individuelles : cette rationalité néo-libérale est globale s’immisce dans toutes les sphères de notre société en excédant largement la sphère des politiques.
    Ainsi Dardot et Laval tentent-ils d’éclairer un procès de subjectivation propre au néolibéralisme : devant les techniques de pouvoir et de contrôle qui s’implantent partout et plombent les institutions, les professionnels deviennent les contrôleurs de la population dans toutes les sphères sociales (école, hôpital, justice, etc.) Et la vie entière se trouve contaminée par cette logique de la concurrence et de l’évaluation.

    Le sujet devient un capital humain, une entreprise de soi se pliant à une logique de concurrence, de jouissance et de performance. Il se trouve assigné à l’obligation permanente de produire une plus-value, du « plus », un plus-de-jouir, puisqu’il se confond lui-même avec ce capital qu’il accumule.
    Il s’agit de mécanismes dans lesquels nous sommes tous impliqués et amenés à fonctionner même si l’on désavoue le néolibéralisme par ailleurs. Laval parle de néo-sujets en tant qu’ils deviennent des entreprises d’eux-mêmes et pourquoi pas des auto-entrepreneurs.

    Nous pourrions dire que le prestige du management tend à se substituer à nos valeurs de dignité et questionnent la limite de notre inhumanité. Le droit public se trouve vidé peu à peu de son sens et les normes du droit privé s’imposent aussi partout, le gouvernement de nos pratiques s’intensifie à tout niveau.

    Du recueil de l’expérience pratique, abordée dans un second temps, il s’agit de nous permettre de penser l’espace public qui nous est commun. Selon un mode de subjectivation qui consiste à considérer que le sujet est historique et s’inscrit dans une temporalité, une histoire, singulière parce que collective, avec le courage de dire vrai comme y invite Michel Foucault, selon la figure du parrêsiaste, celui qui a le courage par son dire-vrai dans l’espace public de fonder de l’altérité, de partir de nos différences au lieu de valoriser le consensus et la communication.

    Voici une citation du {Courage de la vérité}, le dernier cours de Michel Foucault au Collège de France, en 1984. Ce sont les derniers mots tracés sur la dernière page du manuscrit de son dernier cours le 28 mars 1984, mots qu’il n’aura pas le temps de prononcer : « Ce sur quoi je voudrais insister pour finir, c’est ceci : il n’y a pas d’instauration de la vérité sans une position essentielle de l’altérité. La vérité, ce n’est jamais le même. Il ne peut y avoir de vérité que dans la forme de l’autre monde et de la vie autre. »
    Une vraie vie comme critique permanente du monde.

    Cet atelier aujourd’hui s’appelle {Pratique et éthique des cliniques de resymbolisation.}
    J’entends éthique, non au sens actuel de valeurs morales, mais au sens grec antique, l'{ethos} chez Foucault, c’est du côté de ce qui est repris du sujet pour tenir et penser une vérité. De ce point-là, de ce nouage-là, s’origine la figure du traumatisme.

    Nous savons avec Foucault qu’un discours concerne les règles de formation des énoncés. Il importe de penser les discours comme réalité trans-subjective et non produits par un seul acte de langage… Il n’est de sujet que d’un dire, il n’est de traumatisme qu’au plus intime du nouage singulier vs collectif, autrement dit du lien social, au point où le collectif n’est rien que le sujet de l’individuel : ce que Freud a produit en 1920 sous le registre de la psychologie collective (Massen : PsychoIogie und Ichanalyse) et sur lequel Lacan fait retour en 1945, quand il écrit Le temps logique et l’assertion de certitude anticipée, en cherchant à poser les fondements d’une logique collective.

    Et voici la seconde étape de mon propos : pour aborder la question du traumatisme dans des fragments cliniques, je vais parodier Lucien Bonnafé. Comme il aimait à dire : le fou est celui qui est dit fou par un autre et qui l’adresse à la psychiatrie, nous pourrions questionner cette référence post-moderne à la notion de traumatisme et dire dorénavant : le traumatisé est celui qui est dit traumatisé par un autre et qui l’adresse à un psy !

    Suite : chapitre 2 « Construction(s) du traumatisme ».

    Ou comment le traumatisme se construit sur un mode discursif et n’existe que dans l’après-coup de la situation dont il serait supposé produit. Pratiques cliniques.

    Suite et fin : chapitre 3 « Pratiques de résistance ».

    Présentation de la CPJA, une consultation de psychanalyse pour jeunes adultes en situation de précarité, dans le cadre associatif du CAPSY, centre  de recherches et d’accom

  2. oque les 10-11-12 juin 2009 à Paris 75007 organisé par l’Alfest, Association de langue française du stress et du trauma, le Cedrate, la Revue francophone du stress et du trauma, et la revue Psycho média.

    Intervention de [Catherine Alcouloumbré  ]

    12 juin 2009

    {{ {{{1er chapitre : Rencontres avec le réel, symptômes dans la culture.}}} }}

    {Le choix de la liberté est la seule morale possible.
    André Gorz}

    1. Rencontres avec le réel, symptômes dans la culture.
    2. Expérience traumatique, trauma en construction.
    3. Pratiques de résistance. (Exemple d’un dispositif local, une pratique offerte dans la cité, auprès de jeunes adultes : le CAPSY).

    {{{1.  Rencontres avec le réel, symptômes dans la culture.
    }}}
    Une écoute attentive et l’expérience clinique actuelle, en particulier auprès de jeunes adultes en territoires urbains (Paris et IdF), nous indiquent une distorsion récurrente des repères subjectifs du temps et de l’espace, induisant, au un par un, des situations intimes de vide, d’errance. Comme des états somnambuliques, parfois spectres de pseudo-psychose…
    En quoi ces catégories, temps et espace, discursives selon l’acception de Foucault dès les années 70, nous aident aujourd’hui à interroger dans le cadre de ce colloque ce qui fait symptôme dans la culture, malaise dans la civilisation ?

    Je pose que les espaces privés, la surface du corps ne sont pas sans rapport, pulsionnel, sans correspondance avec notre espace public, nos lieux et territoires communs… Ces lieux que les discours médiatiques et politiques ambiants découpent, distendent, en brouillant les limites des genres, en déplaçant ce qui tient lieu de bord. A l’instar de ces lieux du corps propre dont la surface sert à tagger, à écrire, à dessiner, à taillader, à scarifier, pour recréer du bord, de la séparation. Le symptôme et la plainte dans les cures actuelles disent des façons de se mettre en position d’objet, de déchet, de rebut, telle une stratégie de survie. Cela ne produit des effets de sujet qu’à travers des ruptures douloureuses, traumatiques, au coup par coup.
    Parfois chez ces jeunes adultes, l’errance devient une autre stratégie de survie, sans être pour autant pathologique, comme si c’était la seule modalité possible d’habiter son corps, en se déplaçant sans cesse, faute de se loger dans un espace impossible à s’approprier, où rien ne fait vibrer. Et les lignes de leurs trajets et déplacements dessineraient via google earth ou vus d’en haut des territoires subjectifs sans commune mesure avec les conventions administratives du cadastre.

    Se mettre en dette, en débit, produire de la moins-value devient même paradoxalement seul moyen de compter dans l’espace social.

    C’est donc à partir d’expériences traumatiques relevées dans des situations cliniques actuelles que sera ici soulevée la question des opérateurs logiques de nos pratiques de résistance.
    L’exemple pratique d’un jeune centre de recherches viendra illustrer une expérience en cours : ouverture de deux points d’écoute jeunes adultes pour l’instant sur Paris sud et d’une consultation de psychanalyse dans la cité. J’essaierai de vous présenter dans ses grandes lignes et orientations un dispositif clinique un peu nomade et passeur, le CAPSY, centre d’accompagnement et de recherches en psychanalyse.

    Depuis le réel de l’expérience des cures, mon propos est ici de montrer comment des situations  réelles donnent à voir et à entendre cette difficulté d’orientation et ça se manifeste en particulier à travers des distorsions de l’espace et du temps. Qu’est-ce que nous recueillons et symbolisons dans notre expérience clinique actuelle ?

    Il existe souvent un réel effacement ou déplacement de ce qui fait bord, frontière, voire limite de nos espaces privés et publics, singuliers et collectifs : cela peut nous dire quelque chose du politique et de notre espace public. Mon hypothèse ici est de questionner la fonction de l’imaginaire et la formation de bulles imaginaires, la fonction de l’objet regard, dans une suppléance qui semble cerner dans une certaine mesure certains phénomènes d’externalisation (ère du numérique et de l’information) auxquels nous sommes de plus en plus assujettis, des glissements entre intérieur-extérieur, privé-public, intime-extime, à des effractions et violations de nos territoires intimes selon une logique politique d’exclusion, d’isolement, de dislocation en des approches parcellaires des symptômes, étouffant le désir, sur un mode DSM.

    Ce qui est exclu, forclos du fait de la logique de la concurrence imposée actuellement dans toutes les sphères sociales et le mode de subjectivation propre au néo-libéralisme fait retour dans le réel : ma recherche questionne quelles correspondances temps-espace(s)-corps font symptômes, dans leurs distorsions souvent proches de la psychose et dans quelle mesure les limites de ces catégories discursives, un bord qui fasse repère, se déplacent actuellement, dans ce contexte néo-libéral.

    Je vais d’abord m’appuyer sur quelques remarques empruntées à Christian Laval et Pierre Dardot dans La nouvelle raison du monde2 à La Découverte pour fixer les idées et repérer quelles modalités de discours ordonnent et délimitent la mouvance de nos territoires actuels et de nos repères temporels puis les lire, tenter de les déchiffrer dans leur valeur collective au-delà d’une expression et d’une souffrance individuelles : cette rationalité néo-libérale est globale s’immisce dans toutes les sphères de notre société en excédant largement la sphère des politiques.
    Ainsi Dardot et Laval tentent-ils d’éclairer un procès de subjectivation propre au néolibéralisme : devant les techniques de pouvoir et de contrôle qui s’implantent partout et plombent les institutions, les professionnels deviennent les contrôleurs de la population dans toutes les sphères sociales (école, hôpital, justice, etc.) Et la vie entière se trouve contaminée par cette logique de la concurrence et de l’évaluation.

    Le sujet devient un capital humain, une entreprise de soi se pliant à une logique de concurrence, de jouissance et de performance. Il se trouve assigné à l’obligation permanente de produire une plus-value, du « plus », un plus-de-jouir, puisqu’il se confond lui-même avec ce capital qu’il accumule.
    Il s’agit de mécanismes dans lesquels nous sommes tous impliqués et amenés à fonctionner même si l’on désavoue le néolibéralisme par ailleurs. Laval parle de néo-sujets en tant qu’ils deviennent des entreprises d’eux-mêmes et pourquoi pas des auto-entrepreneurs.

    Nous pourrions dire que le prestige du management tend à se substituer à nos valeurs de dignité et questionnent la limite de notre inhumanité. Le droit public se trouve vidé peu à peu de son sens et les normes du droit privé s’imposent aussi partout, le gouvernement de nos pratiques s’intensifie à tout niveau.

    Du recueil de l’expérience pratique, abordée dans un second temps, il s’agit de nous permettre de penser l’espace public qui nous est commun. Selon un mode de subjectivation qui consiste à considérer que le sujet est historique et s’inscrit dans une temporalité, une histoire, singulière parce que collective, avec le courage de dire vrai comme y invite Michel Foucault, selon la figure du parrêsiaste, celui qui a le courage par son dire-vrai dans l’espace public de fonder de l’altérité, de partir de nos différences au lieu de valoriser le consensus et la communication.

    Voici une citation du {Courage de la vérité}, le dernier cours de Michel Foucault au Collège de France, en 1984. Ce sont les derniers mots tracés sur la dernière page du manuscrit de son dernier cours le 28 mars 1984, mots qu’il n’aura pas le temps de prononcer : « Ce sur quoi je voudrais insister pour finir, c’est ceci : il n’y a pas d’instauration de la vérité sans une position essentielle de l’altérité. La vérité, ce n’est jamais le même. Il ne peut y avoir de vérité que dans la forme de l’autre monde et de la vie autre. »
    Une vraie vie comme critique permanente du monde.

    Cet atelier aujourd’hui s’appelle {Pratique et éthique des cliniques de resymbolisation.}
    J’entends éthique, non au sens actuel de valeurs morales, mais au sens grec antique, l'{ethos} chez Foucault, c’est du côté de ce qui est repris du sujet pour tenir et penser une vérité. De ce point-là, de ce nouage-là, s’origine la figure du traumatisme.

    Nous savons avec Foucault qu’un discours concerne les règles de formation des énoncés. Il importe de penser les discours comme réalité trans-subjective et non produits par un seul acte de langage… Il n’est de sujet que d’un dire, il n’est de traumatisme qu’au plus intime du nouage singulier vs collectif, autrement dit du lien social, au point où le collectif n’est rien que le sujet de l’individuel : ce que Freud a produit en 1920 sous le registre de la psychologie collective (Massen : PsychoIogie und Ichanalyse) et sur lequel Lacan fait retour en 1945, quand il écrit Le temps logique et l’assertion de certitude anticipée, en cherchant à poser les fondements d’une logique collective.

    Et voici la seconde étape de mon propos : pour aborder la question du traumatisme dans des fragments cliniques, je vais parodier Lucien Bonnafé. Comme il aimait à dire : le fou est celui qui est dit fou par un autre et qui l’adresse à la psychiatrie, nous pourrions questionner cette référence post-moderne à la notion de traumatisme et dire dorénavant : le traumatisé est celui qui est dit traumatisé par un autre et qui l’adresse à un psy !

    Suite : chapitre 2 « Construction(s) du traumatisme ».

    Ou comment le traumatisme se construit sur un mode discursif et n’existe que dans l’après-coup de la situation dont il serait supposé produit. Pratiques cliniques.

    Suite et fin : chapitre 3 « Pratiques de résistance ».

    Présentation de la CPJA, une consultation de psychanalyse pour jeunes adultes en situation de précarité, dans le cadre associat

  3. est, Association de langue française du stress et du trauma, le Cedrate, la Revue francophone du stress et du trauma, et la revue Psycho média.

    Intervention de [Catherine Alcouloumbré  ]

    12 juin 2009

    [ {{{1er chapitre : Rencontres avec le réel, symptômes dans la culture.]} }}

    {Le choix de la liberté est la seule morale possible.
    André Gorz}

    1. Rencontres avec le réel, symptômes dans la culture.
    2. Expérience traumatique, trauma en construction.
    3. Pratiques de résistance. (Exemple d’un dispositif local, une pratique offerte dans la cité, auprès de jeunes adultes : le CAPSY).

    {{{1.  Rencontres avec le réel, symptômes dans la culture.
    }}}
    Une écoute attentive et l’expérience clinique actuelle, en particulier auprès de jeunes adultes en territoires urbains (Paris et IdF), nous indiquent une distorsion récurrente des repères subjectifs du temps et de l’espace, induisant, au un par un, des situations intimes de vide, d’errance. Comme des états somnambuliques, parfois spectres de pseudo-psychose…
    En quoi ces catégories, temps et espace, discursives selon l’acception de Foucault dès les années 70, nous aident aujourd’hui à interroger dans le cadre de ce colloque ce qui fait symptôme dans la culture, malaise dans la civilisation ?

    Je pose que les espaces privés, la surface du corps ne sont pas sans rapport, pulsionnel, sans correspondance avec notre espace public, nos lieux et territoires communs… Ces lieux que les discours médiatiques et politiques ambiants découpent, distendent, en brouillant les limites des genres, en déplaçant ce qui tient lieu de bord. A l’instar de ces lieux du corps propre dont la surface sert à tagger, à écrire, à dessiner, à taillader, à scarifier, pour recréer du bord, de la séparation. Le symptôme et la plainte dans les cures actuelles disent des façons de se mettre en position d’objet, de déchet, de rebut, telle une stratégie de survie. Cela ne produit des effets de sujet qu’à travers des ruptures douloureuses, traumatiques, au coup par coup.
    Parfois chez ces jeunes adultes, l’errance devient une autre stratégie de survie, sans être pour autant pathologique, comme si c’était la seule modalité possible d’habiter son corps, en se déplaçant sans cesse, faute de se loger dans un espace impossible à s’approprier, où rien ne fait vibrer. Et les lignes de leurs trajets et déplacements dessineraient via google earth ou vus d’en haut des territoires subjectifs sans commune mesure avec les conventions administratives du cadastre.

    Se mettre en dette, en débit, produire de la moins-value devient même paradoxalement seul moyen de compter dans l’espace social.

    C’est donc à partir d’expériences traumatiques relevées dans des situations cliniques actuelles que sera ici soulevée la question des opérateurs logiques de nos pratiques de résistance.
    L’exemple pratique d’un jeune centre de recherches viendra illustrer une expérience en cours : ouverture de deux points d’écoute jeunes adultes pour l’instant sur Paris sud et d’une consultation de psychanalyse dans la cité. J’essaierai de vous présenter dans ses grandes lignes et orientations un dispositif clinique un peu nomade et passeur, le CAPSY, centre d’accompagnement et de recherches en psychanalyse.

    Depuis le réel de l’expérience des cures, mon propos est ici de montrer comment des situations  réelles donnent à voir et à entendre cette difficulté d’orientation et ça se manifeste en particulier à travers des distorsions de l’espace et du temps. Qu’est-ce que nous recueillons et symbolisons dans notre expérience clinique actuelle ?

    Il existe souvent un réel effacement ou déplacement de ce qui fait bord, frontière, voire limite de nos espaces privés et publics, singuliers et collectifs : cela peut nous dire quelque chose du politique et de notre espace public. Mon hypothèse ici est de questionner la fonction de l’imaginaire et la formation de bulles imaginaires, la fonction de l’objet regard, dans une suppléance qui semble cerner dans une certaine mesure certains phénomènes d’externalisation (ère du numérique et de l’information) auxquels nous sommes de plus en plus assujettis, des glissements entre intérieur-extérieur, privé-public, intime-extime, à des effractions et violations de nos territoires intimes selon une logique politique d’exclusion, d’isolement, de dislocation en des approches parcellaires des symptômes, étouffant le désir, sur un mode DSM.

    Ce qui est exclu, forclos du fait de la logique de la concurrence imposée actuellement dans toutes les sphères sociales et le mode de subjectivation propre au néo-libéralisme fait retour dans le réel : ma recherche questionne quelles correspondances temps-espace(s)-corps font symptômes, dans leurs distorsions souvent proches de la psychose et dans quelle mesure les limites de ces catégories discursives, un bord qui fasse repère, se déplacent actuellement, dans ce contexte néo-libéral.

    Je vais d’abord m’appuyer sur quelques remarques empruntées à Christian Laval et Pierre Dardot dans La nouvelle raison du monde2 à La Découverte pour fixer les idées et repérer quelles modalités de discours ordonnent et délimitent la mouvance de nos territoires actuels et de nos repères temporels puis les lire, tenter de les déchiffrer dans leur valeur collective au-delà d’une expression et d’une souffrance individuelles : cette rationalité néo-libérale est globale s’immisce dans toutes les sphères de notre société en excédant largement la sphère des politiques.
    Ainsi Dardot et Laval tentent-ils d’éclairer un procès de subjectivation propre au néolibéralisme : devant les techniques de pouvoir et de contrôle qui s’implantent partout et plombent les institutions, les professionnels deviennent les contrôleurs de la population dans toutes les sphères sociales (école, hôpital, justice, etc.) Et la vie entière se trouve contaminée par cette logique de la concurrence et de l’évaluation.

    Le sujet devient un capital humain, une entreprise de soi se pliant à une logique de concurrence, de jouissance et de performance. Il se trouve assigné à l’obligation permanente de produire une plus-value, du « plus », un plus-de-jouir, puisqu’il se confond lui-même avec ce capital qu’il accumule.
    Il s’agit de mécanismes dans lesquels nous sommes tous impliqués et amenés à fonctionner même si l’on désavoue le néolibéralisme par ailleurs. Laval parle de néo-sujets en tant qu’ils deviennent des entreprises d’eux-mêmes et pourquoi pas des auto-entrepreneurs.

    Nous pourrions dire que le prestige du management tend à se substituer à nos valeurs de dignité et questionnent la limite de notre inhumanité. Le droit public se trouve vidé peu à peu de son sens et les normes du droit privé s’imposent aussi partout, le gouvernement de nos pratiques s’intensifie à tout niveau.

    Du recueil de l’expérience pratique, abordée dans un second temps, il s’agit de nous permettre de penser l’espace public qui nous est commun. Selon un mode de subjectivation qui consiste à considérer que le sujet est historique et s’inscrit dans une temporalité, une histoire, singulière parce que collective, avec le courage de dire vrai comme y invite Michel Foucault, selon la figure du parrêsiaste, celui qui a le courage par son dire-vrai dans l’espace public de fonder de l’altérité, de partir de nos différences au lieu de valoriser le consensus et la communication.

    Voici une citation du {Courage de la vérité}, le dernier cours de Michel Foucault au Collège de France, en 1984. Ce sont les derniers mots tracés sur la dernière page du manuscrit de son dernier cours le 28 mars 1984, mots qu’il n’aura pas le temps de prononcer : « Ce sur quoi je voudrais insister pour finir, c’est ceci : il n’y a pas d’instauration de la vérité sans une position essentielle de l’altérité. La vérité, ce n’est jamais le même. Il ne peut y avoir de vérité que dans la forme de l’autre monde et de la vie autre. »
    Une vraie vie comme critique permanente du monde.

    Cet atelier aujourd’hui s’appelle {Pratique et éthique des cliniques de resymbolisation.}
    J’entends éthique, non au sens actuel de valeurs morales, mais au sens grec antique, l'{ethos} chez Foucault, c’est du côté de ce qui est repris du sujet pour tenir et penser une vérité. De ce point-là, de ce nouage-là, s’origine la figure du traumatisme.

    Nous savons avec Foucault qu’un discours concerne les règles de formation des énoncés. Il importe de penser les discours comme réalité trans-subjective et non produits par un seul acte de langage… Il n’est de sujet que d’un dire, il n’est de traumatisme qu’au plus intime du nouage singulier vs collectif, autrement dit du lien social, au point où le collectif n’est rien que le sujet de l’individuel : ce que Freud a produit en 1920 sous le registre de la psychologie collective (Massen : PsychoIogie und Ichanalyse) et sur lequel Lacan fait retour en 1945, quand il écrit Le temps logique et l’assertion de certitude anticipée, en cherchant à poser les fondements d’une logique collective.

    Et voici la seconde étape de mon propos : pour aborder la question du traumatisme dans des fragments cliniques, je vais parodier Lucien Bonnafé. Comme il aimait à dire : le fou est celui qui est dit fou par un autre et qui l’adresse à la psychiatrie, nous pourrions questionner cette référence post-moderne à la notion de traumatisme et dire dorénavant : le traumatisé est celui qui est dit traumatisé par un autre et qui l’adresse à un psy !

    Suite : chapitre 2 « Construction(s) du traumatisme ».

    Ou comment le traumatisme se construit sur un mode discursif et n’existe que dans l’après-coup de la situation dont il serait supposé produit. Pratiques cliniques.

    Suite et fin : chapitre 3 « Pratiques de résistance ».

    Présentation de la CPJA, une consultation de psychanalyse pour jeunes adultes en situation de précarité, dans le cadre associatif du CAPSY,