Errances en non lieux et non lieux de l’errance

Errances en non-lieux et non-lieux de l’errance

de Catherine Alcouloumbré

Prévu initialement dans un N° spécial de la revue EMPAN, n°98 A la frontière du soin, Psychiatrie, précarité et lien social, cet article vient de paraître le 2 avril 2016 dans le N° 101 Troubles spécifiques des apprentissages. Ed. ERES.

Les contraintes de l’édition ont retardé sa parution. C’est publié dans la suite du n° 98 précédent…

http://www.cairn.info/revue-empan-2016-1-page-112.htm.

Mots clés : errances, ruptures, psychanalyse, temps, corps.

Résumé (600 caract.) :

Psychiatrie hors les murs auprès des plus démunis et création d’un centre associatif indépendant, le Capsy, lieu clinique d’écoute et d’accompagnement psychanalytique, auprès de jeunes adultes en grande précarité, errances, ruptures, non-droit, non-lieux. Comment adapter notre technique à ces conditions nouvelles (Freud) ? Une approche à travers mécanismes de défense et modalités logiques de négation, effets de distorsions du temps et de l’espace, dimension négative, corps déshabités, états de pseudo-psychose, clivages extrêmes du moi et les modes de subjectivation qui s’en trouvent produits.

Début de l’article :

« Le dialogue est une duperie, le rapport du sujet à l’Autre est d’ordre essentiellement dissymétrique. »

« Le choix de la liberté est la seule morale possible. »

Habiter des non-lieux

Un dispositif d’écoute nomade et passeur pour aborder des problématiques qui ne relèvent plus vraiment de la sémiologie psychiatrique actuelle et de ses diagnostics, ni ne sont réellement prises en compte par l’approche et les avancées théoriques de la psychanalyse : « L’expérience clinique auprès de jeunes adultes en territoires urbains (Paris et Ile-de-France) indique une distorsion récurrente des repères subjectifs du temps et de l’espace, induisant des situations intimes de vide, panique. Comme des états somnambuliques, des spectres de pseudo-psychose [3][3] C. Alcouloumbré, intervention en séminaire à la msh,…. »

Dérives irrémédiables au bord du social, de l’amour, de la vie. Jeunes en délicatesse avec l’espace public. Quels sont l’incidence et les effets cliniques d’une double distorsion de l’espace et du temps kantiens ? Quelle pratique de parole tenir dans de l’inhabitable ? En quoi ces catégories, temps et espace, discursives selon l’acception de Foucault dès les années 1970 [4][4] M. Foucault, L’ordre du discours, 2 décembre 1970,…, aident ici à penser ce qui fait symptôme dans la culture, malaise dans la civilisation [5][5] S. Freud, Malaise dans la civilisation (1930), Paris,… ?

Mon hypothèse est que les espaces privés, la surface du corps, ne sont pas sans rapport, pulsionnel, avec notre espace public, nos lieux et territoires communs. Ces lieux que les discours médiatiques et politiques ambiants découpent, distendent, en brouillant les limites des genres, en déplaçant ce qui tient lieu de bord et ce que dessine la pulsion. À l’instar de ces lieux du corps propre dont la surface sert à tagger, à dessiner, à taillader, à scarifier, pour recréer du bord, de la séparation. Le symptôme et la plainte dans les cures actuelles disent des façons de se mettre en position d’objet, de déchet, de rebut.

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Plan de l’article

  1. Habiter des non-lieux
  2. Le CAPSY : pratiques de résistance. Un dispositif d’écoute dans la cité
  3. Un café-philo-photo inédit, une autre pratique de parole.