Le temps logique

Le collectif n’est rien, que le sujet de l’individuel.

Cf. Freud  Massen psychologie.

L’Au-delà du prinicipe de plaisir, 1921.

Le temps logique et l’assertion de certitude anticipée

Un  nouveau sophisme.

Jacques Lacan, 1945.


Il nous fut demandé en mars 1945 par Christian Zervos de contribuer avec un certain nombre d’écrivains au numéro de reprise de sa revue, les Cahiers d’Art, conçu au dessein de combler du palmarès de son sommaire, une parenthèse de chiffres sur sa couverture : 1940-1944, signifiante pour beaucoup de gens.
Nous y allâmes de cet article, bien au fait de ce que c’était le rendre introuvable aussitôt.
Puisse-t-il retentir d’une note juste entre l’avant et l’après où nous le plaçons ici, même s’il démontre que l’après faisait antichambre, pour que l’avant pût prendre rang.


Un problème de logique.Le directeur de la prison fait comparaître trois détenus de choix et leur communique l’avis suivant :
« Pour des raisons que je n’ai pas à vous rapporter maintenant, messieurs, je dois libérer un d’entre vous. Pour décider lequel, j’en remets le sort à une épreuve que vous allez courir, s’il vous agrée.
« Vous êtes trois ici présents. Voici cinq disques qui ne diffèrent que par leur couleur : trois sont blancs, et deux sont noirs. Sans lui faire connaître duquel j’aurai fait choix, je vais fixer à chacun de vous un de ces disques entre les deux épaules, c’est-à-dire hors de la portée directe de son regard, toute possibilité indirecte d’y atteindre par la vue étant également exclue par l’absence ici d’aucun moyen de se mirer.
« Dès lors, tout loisir vous sera laissé de considérer vos compagnons et les disques dont chacun d’eux se montrera porteur, sans qu’il vous soit permis, bien entendu, de vous communiquer l’un à l’autre le résultat de votre inspection. Ce qu’au reste votre intérêt seul vous interdirait. Car c’est le premier à pouvoir en conclure sa propre couleur qui doit bénéficier de la mesure libératoire dont nous disposons.
« Encore faudra-t-il que sa conclusion soit fondée sur des motifs de logique, et non seulement de probabilité. A cet effet, il est convenu que, dès que l’un d’entre vous sera prêt à en formuler une telle, il franchira cette porte afin que, pris à part, il soit jugé sur sa réponse. »
Ce propos accepté, on pare nos trois sujets chacun d’un disque blanc, sans utiliser les noirs, dont on ne disposait, rappelons-le, qu’au nombre de deux.

Comment les sujets peuvent-ils résoudre le problème ?

Texte intégral à :

http://pagespro-orange.fr/espace.freud/topos/psycha/psysem/templogi.htm